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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 17:02

 

Rwanda 1994-2014 : il est urgent de faire la lumière!

 

Monsieur le Président de la République, nous vous demandons de préparer la 20ième commémoration du génocide des Tutsis du Rwanda, le 7 avril 2014, en engageant dès aujourd’hui une démarche de vérité sur le rôle de la France dans le génocide.

 

 

Communiqué - Lettre ouverte de

l’Appel Citoyen France-Rwanda en vue du 7 avril 2013

 

 

Monsieur le Président de la République,

 

Il y a bientôt 19 ans, le 7 avril 1994, débutait au Rwanda le génocide des Tutsis et le massacre des Hutus qui s’y opposèrent. À l’approche de votre premier « 7 avril » en tant que Président de la République, nous vous demandons d'engager notre pays dans une démarche de vérité sur le rôle de la France dans le génocide au Rwanda.

 

En effet, de nombreux travaux d’universitaires, de journalistes et d’associations en France comme à l'étranger, ont mis en évidence le soutien diplomatique, militaire et financier des autorités françaises au gouvernement de Juvénal Habyarimana puis au gouvernement intérimaire rwandais qui a mis en oeuvre le génocide.

 

Des membres de l'actuel gouvernement français ainsi que certains partis de la majorité présidentielle ont déjà eu l’occasion de s’exprimer publiquement sur ce sujet ces dernières années. Vous trouverez certaines de leurs déclarations à la fin de ce message. 

 

À présent il faut traduire ces déclarations en actes.

 

Aujourd’hui nous voulons savoir quels moyens concrets, de concert avec le Premier Ministre et son gouvernement, vous allez mettre en œuvre d’ici le 7 avril 2014 qui marquera les 20 ans du début du génocide, pour faire la lumière sur le rôle exact que la présidence de la République et les gouvernements de l’époque, ainsi que l’armée française, ont joué au Rwanda entre 1990 et 1994.

 

Le 7 avril 2010, de nombreux citoyens, personnalités, universitaires, artistes et associations ont cosigné l’Appel Citoyen France-Rwanda, dont : le CCFD-Terre solidaire, SOS Racisme, le Secours Catholique, Philippe Meirieu, Jean-Christophe Klotz, Miguel Benasayag, Majid Rahnema,Yves Ternon, Patrick Chamoiseau, Les Ogres de Barback, Tiken Jah Fakoly[1]...

 

Ils y déclarent :

« - Nous demandons à tous les partis politiques de notre pays de prendre une position publique sur la nécessité de faire ce travail historique et de s'engager en faveur d’une recherche de vérité et de justice.

- Nous demandons aux députés et au gouvernement de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire la lumière sur le rôle joué par la France avant, pendant et après le génocide. Comme première étape nous demandons l'ouverture des archives et la levée du secret défensesur tout ce qui se rapporte à l’action de la France au Rwanda depuis 1975.

- Nous demandons aux autorités politiques et judiciaires de notre pays de tout mettre en oeuvre afin que les procédures judiciaires concernant des présumés auteurs ou complices de génocide soient conduites rapidement. »

 

Sur la base de cet appel, Monsieur le Président de la République, nous vous demandons ce 7 avril 2013, une prise de parole publique forte pour pousser notre pays à reconnaître et assumer le rôle qu’il a joué au Rwanda entre 1990 et 1994.

 

L’équipe de l’Appel Citoyen France-Rwanda

http://appel-citoyen-france-rwanda.over-blog.org

 

Contact presse :

Ignace Fabiani, porte-parole

06 28 35 81 59

appel_citoyen_france_rwanda@yahoo.fr

 

 

Quelques déclarations sur ce sujet ces dernières années :

 

 

Jean Marc Ayrault, Premier ministre, déclarait en 2011 : « Cet événement à la mémoire du génocide rwandais, que nous soutenons, témoigne de tout notre respect aux victimes, aux familles des victimes et à toutes celles et ceux qui restent hantés par ces 100 jours où près d’un million d’individus sont morts (…) Ce qui s’est passé en 1994 au Rwanda nous concerne tous. Le processus qui conduit au génocide est une déshumanisation de l’homme. Aujourd’hui nous devons nous souvenir et commémorer mais aussi dessiner les voies pour apaiser les morts, permettre à la justice de travailler et garantir aux historiens d’assurer leur rôle indispensable 

(…) La France doit y prendre toute sa part (…) Les moyens humains et financiers doivent être donnés afin que le nouveau pôle judicaire concernant les génocides et crimes contre l’humanité puisse fonctionner. Surtout, il est indispensable que tous se mobilisent pour que la France adapte son droit pénal aux statuts de la Cour pénale internationale et garantisse, ainsi, qu’aucun génocidaire ne puisse trouver refuge sur le territoire national. »[2]

 

Pascal Canfin, Ministre délégué, chargé du Développement, a signé l’Appel du 22 février 2010 à l’occasion du voyage de Nicolas Sarkozy au Rwanda.

Il y est dit notamment :

« Nous invitons chacun, simple citoyen, journaliste, militant associatif ou politique, chercheur universitaire ou élu local à trouver quels gestes il peut poser, quelles paroles il peut prononcer pour contribuer à faire cesser le silence sur le rôle qu'a joué la France au Rwanda entre 1990 et 1994. »[3]

 

Europe Écologie-Les Verts a publié un communiqué le 16 janvier 2012 indiquant :

« Il est aujourd’hui nécessaire d’aller au bout de cette démarche [de recherche de vérité], en déclassifiant toutes les archives liées à cette période, en faisant tomber les protections dont bénéficient certains présumés génocidaires résidant en France, en instaurant enfin une commission d’enquête parlementaire sur la coopération franco-rwandaise de 1990 à 1994, ainsi qu’EELV le demande depuis le 7 avril 2011.
(…) Un changement de majorité politique en France doit être l’occasion de prendre ces décisions. EELV appelle donc ses partenaires de la gauche et de l’écologie parlementaires à s’engager dès maintenant sur une position claire et unifiée en vue de faire toute la lumière sur le rôle joué par la France avant, pendant et après le génocide au Rwanda… Cet engagement commun serait pour notre pays un premier pas dans la refondation de relations avec l’Afrique qui soient respectueuses des êtres humains. 
»[4]

 

Le Mouvement des Jeunes Socialistes a publié un communiqué le 25 février 2010 indiquant :

« Il est temps que l’Etat reconnaisse son rôle dans la livraison d’armes, la formation des militaires et milices ainsi que la protection qui a été accordée pendant près de quinze ans à des génocidaires sur notre territoire national. (…)

En 1998, la mission d’information présidée par le député Quilès avait permis d’ouvrir des pistes de réflexion sur le rôle de la France au Rwanda. La mission révélait une part de responsabilité de France mais niait toute complicité et se refusait à désigner des responsables. En outre, le rapport était complaisant avec l’Opération Turquoise. Malheureusement la France et le Parti Socialiste se sont contentés de ce rapport l’érigeant comme un dogme que nul n’est autorisé à interroger. (…)

Les jeunes socialistes demandent au Parti Socialiste et à l’ensemble des forces politiques de notre pays de lever immédiatement le secret défense sur tous les dossiers attenants au Rwanda et d’accorder un accès total aux archives aux historiens.

Les jeunes socialistes souhaitent que soit adoptée une loi pénalisant tous les actes de négationnisme et cela pour tous les génocides»[5]

 

 



[1] Retrouver la liste complète des signataires ainsi que le texte intégral de l’Appel Citoyen France-Rwanda sur : http://appel-citoyen-france-rwanda.over-blog.org

[4] Communiqué intitulé "Faire la lumière sur l’implication de la France dans le génocide rwandais pour renouer des relations décentes avec l’Afrique" : http://transnationale.eelv.fr/2012/01/17/faire-la-lumiere-sur-limplication-de-la-france-dans-le-genocide-rwandais-pour-renouer-des-relations-decentes-avec-lafrique

[5] Communiqué intitulé "Les jeunes socialistes exigent de la France la vérité et la justice au sujet du génocide Tutsi" : http://www.jeunes-socialistes.fr/2010/02/les-jeunes-socialistes-exigent-de-la-france-la-verite-et-la-justice-au-sujet-du-genocide-tutsi

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